17.04.2006

Galerie Ôdis 7 bientot vida verba en expo...

Habdaphaï a la galerie Ôdis7

LA COMMEDIA DELL’ARTE

 

 

 

Définitivement, la Case à Léo, sur l’Habitation Clément, est une caverne lumineuse. En effet, sur son itinéraire créatif, Habdaphaï s’est installé, pour un temps, dans ce laboratoire étincelant pour y accrocher ses tableaux qui rayonnent comme des photophores festifs. Et c’est dans une dominante de jaunes et de dorés que le peintre a disséminé ses symboles parmi lesquels on retrouve le très obsédant poisson et le corps alphabétiquement structuré de la séduisante créature féminine. Plus précisément esquissées et plus érotiquement offertes, les silhouettes de cette dernière sont logées dans des cases régulières de blasons peints sur des calebasses, à l’image des phylactères de la bande dessinée. Très souvent, ces corps sont retournés, avec les bras pendants, et aux jambes s’est substitué un croissant ou un croc, comme si une catastrophe avait détruit le précédent équilibre. Est-ce l’échec de l’humain, ou un rappel du bouleversement des mœurs ? Heureusement, ces corps s’articulent en deux parties reliées par un axe circulaire habité par une mystérieuse spirale.

 

LA MISSION DE L’ARTISTE

 

Comme souvent, Habdaphaï multiplie ce nouvel emblème que l’on rencontrera, à n’en point douter,  dans ses productions ultérieures en compagnie des poissons, des croissants et des pubis en forme de semi-consonne. Cette grande unité dans les œuvres, cette manière d’insérer les anciennes créations dans un art nouveau, telles sont les qualités de l’artiste qui semble suivre un chemin qu’il s’est tracé, comme s’il accomplissait une mission, mû par la volonté de dire, de prouver ou de révéler quelque chose. Ainsi se présente cette peinture qui, pour systémique, n’en est pas moins évolutive et toujours renouvelée. S’exprimant dans un chromatisme neuf, sous des teintes plus claires, le message se poursuit dans le cadre d’une architecture géométrique, fréquemment verticale et homogène en permanence.

Sur un fond blond ambré, les couleurs ont revêtu une intensité florale où quelques bleus célestes apparaissent, et où le rouge rare et profond tranche à de rares occasions sur un  arrière-plan  joliment ensoleillé. De même, quelques verts isolés exhibent leur écologique résonance comme pour rappeler les menaces qui planent sur notre environnement chlorophyllien. L’impression générale est celle d’une improvisation dans un scénario déjà réglé, à la manière de la « Commedia dell’arte », ce qui donne à chacune des toiles le poids d’une pièce de théâtre harmonieusement jouée à partir d’une partition qui est tout à la fois un canevas et un thème.

 

UNE COMMUNION GÉNÉRALE

 

Étonnamment, la base est souvent un crépis sablonneux, et le spectateur se sent entraîné dans un voyage de découverte sur des plages lointaines ou proches, et l’on respire profondément l’universalité des œuvres, étant entendu que le sol de notre planète, ici ou là,  reste la Terre de l’Homme, quel qu’il soit et d’où qu’il vienne. Et cela prouve, peut-être, que dans le travail d’Habdaphaï, la lumière représente l’espoir, la couleur apporte le plaisir de vivre et les symboles rappellent l’unicité du genre humain. Ainsi donc , dans la belle clarté de la salle d’exposition, ne serait-ce pas à une cérémonie que l’on assiste puisque, aussi bien, il y a dans le comportement des visiteurs émotion et recueillement, à tel point qu’on a l’impression de participer à une communion générale ? On pourrait presque aller jusqu’à parler d’éblouissement quand on note, dans les regards, un calme sourire face aux blanches parois habitées par une constellation de taches étincelantes comme des étoiles dans la voûte céleste.

Il faut le dire, Habdaphaï refait une entrée éclatante dans le monde de l’art. Fidèle à ses principes et à son style, il a jeté cette fois comme une poudre phosphorescente sur ses compositions au point de captiver, séduire et retenir les amateurs en les hypnotisant à partir d’éclairs coloristes. De cercles en ovales, d’ellipses en cônes, c’est toute une géométrie qui restitue la vie et rend compte de l’activité des humains, et tout cela dans une dispersion de miroirs et de masques, qui se heurtent et se recouvrent en laissant toujours filtrer le souffle de l’existence. Car c’est vrai que l’être n’a qu’une identité, celle de l’appartenance  au monde, quelles que soient les identités d’origine, certes riches et variées, mais toujours dangereuses pour l’amour et pour la paix.

 

Pierre  PINALIE

 

 

Ne jamais confondre couleur de peau et négritude.
Seule cette dernière m'importe  et elle m'importe doublement : d'une
part dans mon héritage africain, d'autre part  dans l'affirmation de ma
singularité d'être humain façonné par une culture issue des mul-timétissages.
Ne cherchez pas en moi le noir, je suis à jamais "en couleurs",
cherchant soleil et vie au plus profond de mon âme.
Jouer de la subtilité de camaieux pour qualifier l'être humain m'est
insupportable .
Mais la lumière difractée de l'arc en ciel, unique et multiple m'ouvre
un espace de rêve, éclairant d'une exigence tendre et ténue mon île au
sein de l'archipel caribéen.

Habdaphaï 2005

 

 

Mais la lumière difractée de l'arc en ciel, unique et multiple m'ouvre
un espace de rêve et un chemin de dignité.

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09.01.2006

L'expo du mois de janvier au MARIN.MARTINIQUE

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